La CNIL s’est intéressée aux smartphones et à l’utilisation qu’en font les français. S’appuyant sur une étude de Médiamétrie, elle reprend les principaux constats de l’étude et nous une liste de 10 conseils à suivre.
Smartphone et vie privée font-ils bon ménage ? C’est en somme à cette question qu’a tenté de répondre la CNIL, épaulée par une étude de Médiamétrie sur les Français et leurs téléphones intelligents. On commence par apprendre que 70% des personnes interrogées dans l’étude n’éteignent jamais leur téléphone ; 25% seulement pour dormir.
Le gros des questions porte toutefois sur les données personnelles. Il se confirme - mais est-ce une surprise ?- que les smartphones sont des mines d’informations. Si 89% stockent des données de contact ou des coordonnées et 86% des données multimédias, 40% des possesseurs de smartphone stockent des données à caractère secret (coordonnées bancaires 7%, codes secrets 17%, codes d’accès aux immeubles 17%, informations médicales 3%…).
Toutefois, les interrogés semblent prendre conscience de la dangerosité des informations personnelles sur les terminaux mobiles. « De manière générale, les possesseurs de smartphones limitent le stockage de données qu’ils jugent sensibles, telles que coordonnées bancaires, codes, fichiers confidentiels. En revanche, les photos, vidéos ou coordonnées des proches font l’objet de moins de précautions », note l’étude. Ce qui n’empêche que 65% pensent que les données contenues dans leur téléphone ne sont pas bien protégées, même si 30% déclarent n’avoir aucun code de protection actif sur leur téléphone.
Utilisation et géolocalisation
51% pensent que les données d’un téléphone mobile ne sont pas enregistrées ni transmises sans leur accord. C’est d’ailleurs un sujet dont on devrait entendre parler en 2012, suite à l’affaire Carrier IQ. Et si 46% estiment que les informations de localisation via le téléphone mobile ne sont pas transmises sans leur accord… 71% ne lisent pas ou rarement les conditions d’utilisation.
On apprend également que 55% des équipés de smartphones ont déjà utilisé un service de géolocalisation. Parmi eux, 97% jugent important de savoir comment leurs données de géolocalisation sont utilisées. Autre tendance lourde : 65% des parents équipés d’un smartphone souhaiteraient géolocaliser leurs enfants. Finalement, ce sont les 15-17 ans les plus au fait des bonnes pratiques, souligne encore l’étude.
10 conseils de la CNIL
1. N’enregistrez pas d’informations confidentielles (codes secrets, codes d’accès, coordonnées bancaires…) dans votre smartphone (vol, piratage, usurpation d’identité…).
2. Ne désactivez pas le code PIN et changez celui proposé par défaut. Choisissez un code compliqué. Pas votre date de naissance !
3. Mettez en place un délai de verrouillage automatique du téléphone. En plus du code PIN, il permet de rendre inactif (verrouiller) le téléphone au bout d’un certain temps. Cela empêche la consultation des informations contenues dans le téléphone en cas de perte ou de vol.
4. Activez si possible le chiffrement des sauvegardes du téléphone. Pour cela, utilisez les réglages de la plate-forme avec laquelle vous connectez le téléphone. Cette manipulation garantira que personne ne sera en mesure d’utiliser vos données sans le mot de passe que vous avez défini.
5. Installez un antivirus quand cela est possible.
6. Notez le numéro « IMEI » du téléphone pour le bloquer en cas de perte ou de vol.
7. Ne téléchargez pas d’application de sources inconnues. Privilégiez les plateformes officielles.
8. Vérifiez à quelles données contenues dans votre smartphone l’application que vous installez va avoir accès.
9. Lisez les conditions d’utilisation d’un service avant de l’installer. Les avis des autres utilisateurs peuvent également être utiles !
10. Réglez les paramètres au sein du téléphone ou dans les applications de géolocalisation (Twitter, Foursquare, Plyce...) afin de toujours contrôler quand et par qui vous voulez être géolocalisé. Désactivez le GPS ou le WiFI quand vous ne vous servez plus d’une application de géolocalisation.
« Compte-tenu de la place grandissante qu’occupe le smartphone dans la vie des Français, il représentera pour la CNIL un enjeu majeur en 2012. Nous souhaitons tout d’abord sensibiliser les utilisateurs de smartphones pour les aider à mieux sécuriser et maîtriser leurs données personnelles. Nous allons également analyser et comprendre cet écosystème pour recommander aux constructeurs et développeurs d’application des bonnes pratiques leur permettant d’offrir des produits et services plus respectueux de la vie privée », conclut Isabelle Falque-Pierrotin, Présidente de la CNIL.