En Europe, la France accuse un certain retard en matière d’adoption des technologies numériques dans les établissements scolaires. Afin d’y remédier, Luc Chatel présente un grand plan de développement du numérique à l’école, qui comprend des financements et de nouveaux enseignements.
Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, a profité du salon Educatec-Educatice pour présenter son nouveau « plan de développement des usages du numérique à l’école », qui s’étalera sur trois ans. Ce plan devait être annoncé depuis plusieurs mois. Il fait suite au rapport de la mission parlementaire conduite par Jean-Michel Fourgous qui avait été remis au ministre le 15 février dernier. Son objectif est de rattraper le retard de la France en matière d’enseignement numérique. L’Hexagone est tout de même classé 22ème sur 27 en Europe à ce sujet.
Parmi les nouvelles mesures, nous en avons retenu quatre.
Financer les logiciels
Tout d’abord, le ministre veut faciliter l’accès aux contenus numériques et plus précisément aux logiciels pédagogiques. A ce titre, « le ministère va ouvrir un portail qui présentera toutes les ressources disponibles ». Ainsi, les établissements scolaires auront accès, dès la rentrée prochaine, à un portail regroupant un ensemble de solutions gratuites et open source. Et pour les logiciels payants, le ministère délivrera des chèques pouvant aller de 500 à 2500 euros, en fonction de la taille et du type d’établissement. Les premiers bénéficieront de cette aide dès le début 2011.
Enseigner le numérique
Ensuite, Luc Chatel prévoit d’instaurer l’enseignement du numérique dans les collèges et les lycées et de nommer ainsi un « référent numérique » par établissement. Il interviendra afin d’« identifier les besoins en formation et y répondre directement ou avec l’appui des rectorats.» Ce référent sera le conseiller du chef d’établissement en la matière. Néanmoins, notons que ce projet semble ambitieux sachant qu’il faudrait 11 300 référents au total, or cette année, 16 000 départs à la retraite sont prévus et ne seront pas remplacés. Les collèges et lycées manquent déjà d’enseignants, alors comment financer ces spécialistes ?
Séparer le rôle de l’Etat et des collectivités
En parallèle, une collaboration entre les collectivités locales et le ministère sera mise en place afin que chacun joue un rôle bien défini. Dans ce cadre, les collectivités locales devront elles-mêmes financer le matériel et équiper leurs établissements scolaires, alors que l’Etat sera responsable des programmes et de la gestion du personnel. « Une convention cadre sera signée le 9 décembre avec l’association des départements de France qui permettra de prendre des engagements respectifs », informe le ministre. Ainsi, Luc Chatel prévoit le remplacement des tableaux à craie par des tableaux numériques, sachant qu’il faut compter en moyenne 750 euros pour un modèle mobile et entre 1000 et 5000 pour un tableau fixe.
Aider les industries
Enfin, l’Etat veut aider les entreprises du secteur numérique à se développer. « J’ai obtenu auprès du commissaire général chargé de la gestion du grand emprunt, qu’un appel à projet dans la recherche et développement soit lancé début 2011 afin d’accélérer les capacités d’innovation des acteurs industriels de l’e-éducation » a-t-il fièrement annoncé.