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la rédaction, le 12 mai 2010
Le nouveau système d’information comptable et financier de l’Etat, qui répond au nom de Chorus, entraîne bien des problèmes. Les défaillances du système provoquent un bouchon dans les circuits de paiement de la Direction Générale de l’Armement (DGA).
Voici ce qui pourrait bien être un cas d’école en matière de pilotage de projets informatiques. Car la mise en place, depuis le 1er janvier dernier, du nouveau système d’information comptable et financier est un fiasco.
Les reprises de fichiers ont été ratées, le paramétrage du logiciel mal configuré, les agents insuffisamment formés… Toutes ces «bourdes» font qu’un énorme bouchon s’est installé dans les circuits de paiement de l’administration auprès de ses fournisseurs. Résultat : des dizaines d’entreprises n’ont pas été payées. Un numéro vert a d’ailleurs été mis en place pour les PME les plus fragiles.
Le montant des factures acquittées par la DGA (Direction Générale de l'Armement) est actuellement inférieur de 60% à ce qu’il était l’année dernière ! Ce qui représente, en volume, plusieurs centaines de millions d’euros. Certains estiment même que ce montant dépasse le milliard d’euros.
Le Groupement des industries françaises de défense terrestre (Gicat), associé à deux autres fédérations du secteur (aéronautique et naval), a rencontré le responsable des achats de la DGA, Jean-Paul Houttemane. « La DGA est bien consciente de la situation et en a alerté depuis longtemps le ministère des Finances », a-t-il indiqué. Le système informatique Chorus, dans sa phase actuelle, « nécessite une intervention humaine pour validation des données », sans laquelle les paiements ne peuvent être effectués. « Les retards accumulés sont en voie de résorption, mais le retour à un fonctionnement normal s'étalera jusqu'à la fin 2010 », rapporte le blog Secret Défense.
Les pros du bâtiment aussi
La DGA avait déjà averti Bercy sur ce problème. Car les professionnels du bâtiment eux aussi sont touchés. En revanche, depuis mi-avril, le rythme des paiements semble s’être accéléré. Mais le retard ne pourra pas être résorbé avant plusieurs mois.
Certaines entreprises attendent des règlements très importants. A l’instar de Safran, dont l’ardoise atteint plus de 100 millions d’euros. Rappelons également que la guerre entre l’américain Oracle et l’Allemand SAP (qui a remporté le contrat Chorus) n’avait pas arrangé les choses.
Source : Les Echos