Décidément la mise en place du projet informatique Chorus est bien laborieuse. L’Etat tente de s’expliquer sur les ratés. Sans pour autant parvenir à chiffrer les surcoûts. Ce qui n’est pas de très bon augure.
Pour rappel, Chorus est le projet informatique qui doit, à terme, centraliser toutes les données financières de l’Etat à l’horizon 2012. Mais depuis le lancement du projet, les difficultés s’amoncèlent. La Cour des Comptes a donc été auditionnée par la commission des Finances de l’Assemblée nationale pour présenter aux députés les nombreux dysfonctionnements du système.
Ce projet doit faire économiser des millions d’euros à l’Etat, en coûts opérationnels comme en moyens humains : 4 000 emplois sont concernés. Mais à Lyon, comme le rapportent Les Echos, l’effectif chargé de suivre les dépenses de la Police est passé de 8 à 69 personnes. De quoi mettre Bercy dans l’embarras.
Tout et son contraire
Jacques Marzin, directeur de l’Agence pour l’informatique financière de l’Etat, tente de rester positif. « Nous sommes en train de déployer l’un des plus gros projets SAP au monde », explique-t-il, affirmant encore ceci :
« 3 mois de galère, 6 mois de stabilisation et 18 mois pour se sentir réellement à l’aise ». Une vision qui n’est pas vraiment partagée par Philippe Parini, DG des finances publiques :
« Les difficultés sont réelles. Les factures que l’Etat ne règle pas, c’est autant d’argent qui ne va pas dans le circuit économique. Nous péchons par une volonté d’exhaustivité cartésienne ».
Les questions des députés sont donc restées, pour la plupart, sans réponses : rien sur le ROI, sur les délais, ou même sur la date de finalisation du projet.
Les antécédents
Rappelons également que ce n’est pas directement le gouvernement qui pilote le projet. Ce sont une agence autonome et plusieurs sociétés de conseils (Steria, Accenture, Logica, Sopra et Bull).
Le coût du projet avait été initialement chiffré à 900 millions d’euros. L'ancien ministre du Budget, Eric Woerth, avait rehaussé celui-ci à 1,8 milliard d’euros, en novembre 2008. A ce rythme, le projet va aisément dépasser les 2 milliards d’euros.
Sans compter qu’en mai dernier, les défaillances du système ont provoqué un bouchon dans les circuits de paiement de la Direction Générale de l’Armement (DGA), qui accumule elle aussi les impayés.