par
la rédaction, le 29 avril 2008
L’arche de Noé a été construite par une bande d’amateurs…Le Titanic a été construit pas des professionnels… !
Depuis 2004, ce projet de Dossier Médical Personnel dématérialisé a fait couler beaucoup d’encre et a pas mal agité la communauté des acteurs de la santé, dont les patients font partie aussi. A la fin 2007, c’est l’impasse et en décembre, la Ministre demande à Michel Gagneux, Inspecteur Général des Affaires Sociales (IGAS) de réunir une mission dont l’objectif sera de relancer le DMP, à défaut d’en repenser complètement l’approche.
L’approche pour le DMP an II est de penser l’informatique principalement comme un outil de productivité : « montrer tout ce que les outils de partage et d’échange peuvent apporter aux professionnels de santé : une meilleure fiabilité de l’information, un meilleur suivi du parcours de soins du patient, une meilleure coopération sur la base de protocoles partagés, une meilleure auto-évaluation de la pratique, une meilleure utilisation du temps purement médical, un meilleur accès à la connaissance médicale et aux guides de bonnes pratiques… ». C'est-à-dire qu’elle est appréhendée comme un moyen de faire des économies dans les procédures et de les rationaliser grâce au partage et à l’échange de l’information.
Une approche déjà obsolète
Le DMP est donc à la base d’une nouvelle organisation de la santé, et son but est de réaliser des gains de productivité. Mais l’informatique n’est plus simplement un outil de productivité, c’est aujourd’hui un outil social de communication et d’organisation structurée de façon plus souple et flexible. Elle est un outil qui doit permettre au malade, au patient, au citoyen (et ses proches, y compris son médecin) de créer, de structurer et d’organiser son propre environnement de santé, en assurant la communication entre les différents acteurs qui interviennent autour de lui et de sa santé, qu'il soit malade ou pas. L’évolution du Web et des sites dits « sociaux » nous le démontre tous les jours. L’approche du DMP an II, si l’on donne foi à ce raisonnement, est donc déjà complètement obsolète. C’est à peu près comme si Google décidait de lancer une suite logicielle packagée pour concurrencer Office de Microsoft.